15 février 2017 – Danone règle ses différends avec un producteur de dessin animé… et le ministre de la Culture

L’info du jour

Le groupe français Danone, présent en Russie depuis 1992, est engagé depuis quelques mois dans un peu banal conflit avec le studio d’animation Soyouzmoultfilm, appuyé par le controversé ministre de la Culture Vladimir Medinski : l’entreprise, héritière du groupe soviétique du même nom, accuse Danone d’utiliser sans autorisation l’image des “Trois de Prostokvashino”, dessin animé culte de l’ère soviétique. D’après le ministre de la Culture, qui était venu au secours de la société russe, le conflit pourrait aujourd’hui être réglé.

Aux sources de cette histoire se trouve le flou juridique qui a longtemps entouré la propriété intellectuelle des productions soviétiques. Danone avait racheté en 2002 les droits des personnages auprès de l’auteur des livres sur lesquels les dessins animé étaient basés, afin de les utiliser dans ses publicités et sur les emballages de ses produits. Soyouzmoultfilm s’est longtemps estimé floué de l’absence de royalties versée par Danone, jusqu’à recevoir juillet 2016 un allié de poids : le ministre de la Culture, coutumier des prises de parole polémiques, prédisait à Danone des “problèmes” dans un futur proche si la société ne réglait pas sa dispute avec Soyouzmoultfilm.

La menace, qui n’a jamais été élaborée, semble en tout cas avoir porté ses fruits puisqu’il y a quelques jours, plusieurs sources anonymes affirmaient à l’agence RNS que Danone pourrait participer prochainement au financement d’une nouvelle version du dessin animé, en collaboration avec Soyouzmoultfilm donc. Quelques jours plus tôt, c’était le ministre de la Culture lui-même qui annonçait à l’agence RNS l’existence d’un accord entre les deux sociétés, sans préciser de quelle nature. Le groupe français n’a pas confirmé.

Danone, qui a dans le même temps annoncé un plan d’économies mondial de 1 milliard d’euros d’ici à 2020, possède une longue expérience de la Russie… et des relations problématiques avec les autorités locales. Le groupe avait été accusé en 2014 par le Service Fédéral Antimonopole d’abus de position dominante, profitant de son poids pour imposer des prix bas au producteur laitier. La condamnation à une amende de 162 millions de roubles avait l’année suivante été révoquée par la cour d’arbitrage de Saint-Pétersbourg, rapportait alors Forbes.

La société française, qui figure parmi les plus importants investisseurs français en Russie, pourrait toutefois compter sur un allié de poids, d’après l’ancien PDG Franck Riboud : dans une interview au quotidien d’affaires russe Vedomosti, il avait affirmé que Vladimir Poutine était un “gros consommateur” d’Activia, l’un des yaourt de la marque.

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Author: Fabrice Deprez

Je suis journaliste depuis 2015, un travail qui m'a déjà emmené en Ukraine, en Russie et dans les pays Baltes. Parmi mes (nombreux) intérêts se trouvent les transformations économiques et politiques de la région, les questions internationales et les problématiques digitales. Sinon, j'aime écouter du hip-hop russophone et manger du plov.

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