21 octobre 2016 – Yandex veut sauver son agrégateur de nouvelles

L’info du jour

Le vote de la loi avait fait scandale parmi les géants du net russe : le 1er janvier 2017, le texte obligeant les agrégateurs de nouvelles (du type de Google News) a vérifier la validité des informations publiées sur leurs plateformes rentrera en vigueur. Yandex, l’une des premières sociétés du net russe, avait quelques mois plus tôt prévenu que cette loi pourrait conduire à la mort des agrégateurs de nouvelles, dont Yandex.Novosti, plus populaire que l’outil de Google en Russie : impossible en effet pour ces sociétés de vérifier la véracité des dizaines de milliers de dépêches et d’articles relayés chaque jour sur leur plateforme. Aujourd’hui pourtant, Yandex semble avoir trouvé une parade, rapporte Kommersant.

La société va en effet dans les semaines à venir faire signer un nouvel accord à ses “partenaires” (les médias dont les articles sont relayés sur la plateforme), obligeant notamment les groupes de presse à prouver leur capacité à diffuser de l’information et autorisant Yandex à rediffuser cette information. Si un média ne signe pas ce nouvel accord, ses articles n’apparaîtront plus dans les cinq premières pages de Yandex Novosti, écrit Kommersant.

Ce nouvel accord semble destiné à faire reposer la responsabilité de la diffusion de l’information un peu plus sur les médias que sur Yandex, même s’il reste à voir si cela sera suffisant pour se mettre en conformité avec le passage le plus controversé de la loi, celui obligeant les agrégateurs d’information à vérifier eux-mêmes la véracité des informations publiées. Avec près de 25 millions de visiteurs mensuels, l’enjeu est en tout cas majeur pour la société.

Cette législation s’inscrit elle dans une tendance générale de l’État russe qui cherche à renforcer son contrôle sur internet, une tendance qui s’est accélérée ces derniers mois. Les médias russes avaient ainsi rapporté en mai la volonté du gouvernement de placer l’ensemble des infrastructures relatives au “RuNet” (l’internet russophone) sous le contrôle de l’Etat russe. Cette volonté s’est concrétisée en août avec des discussions relayées dans les médias russes pour placer les noms de domaine .ru et .rf sous le contrôle direct de la Russie, liquidant au passage l’agence chargée jusque-là de la gestion des ces noms de domaine. Enfin, fin septembre, Kommersant rapportait que le Ministère des Communications souhaite, avec la collaboration du FSB, le déchiffrement complet de l’ensemble des données échangées sur l’internet russe. Et si la manière dont une telle opération serait effectuée (sans parler de son coût) reste encore à préciser, une chose est certaine : le gouvernement y pense.

L’article du jour

Aeon – The Soviet InterNyet

Restons dans le domaine des réseaux et de l’internet avec ce passionnant article sur les premières ébauches d’un “internet soviétique” par une bande de scientifiques idéalistes à Kiev, et la manière dont les tractations bureaucratiques et les luttes internes ont fait capoter un projet qui aurait pu révolutionner l’économie planifiée soviétique.

Advertisements

Author: Fabrice Deprez

Je suis journaliste depuis 2015, un travail qui m'a déjà emmené en Ukraine, en Russie et dans les pays Baltes. Parmi mes (nombreux) intérêts se trouvent les transformations économiques et politiques de la région, les questions internationales et les problématiques digitales. Sinon, j'aime écouter du hip-hop russophone et manger du plov.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s