17 février 2016 – Des députés de “Russie Unie” ont-ils demandé le soutien de Mikhaïl Khodorkovski ?

L’info du jour

“Russie Ouverte”, une ONG fondée par l’oligarque déchu Mikhaïl Khodorkovski, aujourd’hui en exil, a déclaré cette semaine avoir reçu des demandes de soutien de la part de 26 parlementaires russes pour la préparation des élections parlementaires de septembre. Une déclaration accueillie avec scepticisme, d’après le journal russe Vedomosti.

L’organisation a lancé il y a quelques semaines un nouveau projet intitulé “Elections Ouvertes“, qui permettrait à des candidats de recevoir une aide autant financière que technique et légale dans la conduite de leur campagne électorale. D’après l’ONG, les 26 parlementaires ayant fait parvenir une demande de soutien comprendrait 11 députés de “Russie Unie”, le parti de Vladimir Poutine, 9 communistes et six membres de “Russie Juste”. Elle aurait en tout reçu plus de 200 applications, une majorité provenant de candidats dépourvus de partis ou provenant de partis absents de la Douma (dont 25 membres de Parnass, le parti de l’opposant Alexeï Navalny, et 22 membres de Yabloko).

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L’annonce a de quoi surprendre. Fondée en 2001 par Mikhaïl Khodorkovski, “Russie Ouverte” a pendant sa première période d’existence (jusqu’en 2006) toujours été vue par le pouvoir russe, à tort ou à raison, comme un outil au service des ambitions présidentielles du patron de Yukos. L’organisation se décrivait elle-même comme une ONG philanthropique, mais certaines de ses activités lorgnaient clairement du côté politique : ainsi, ses “Ecoles de Politique Publique”, disséminées dans plusieurs centres régionaux du pays, visaient à former des jeunes à la politique, notamment en leur enseignant les atouts d’un système démocratique. Pas étonnant donc que, lorsqu’un Kremlin inquiet de l’influence autant que de l’ambition de Khodorkovski entame au début des années 2000 la réappropriation de la société pétrolière Yukos, envoyant au passage son boss en prison, “Russie Ouverte” fasse partie des dommages collatéraux.

Réactivé en 2014 sous la forme d’une “plateforme communautaire”, comprenant notamment plusieurs sites internet, l’organisation ainsi que son patron sont plus que jamais perçus comme des ennemis du pouvoir : “Russie Ouverte” figure ainsi en bonne place sur bon nombre de sites listant traîtres, ennemis de la nation et autres “cinquième colonne”, tandis qu’Interpol a lancé la semaine dernière un mandat d’arrêt international contre l’ancien oligarque, à la demande de son bureau de Moscou. Khodorkovski est notamment accusé par le Comité d’Investigation russe d’être impliqué dans le meurtre en 1998 du maire de Nefteugansk, Vladimir Petukhov. L’accusation est ancienne, et “réactivée” régulièrement.

Cette histoire explique la méfiance suscitée par l’annonce de “Russie Ouverte” : pour beaucoup, recevoir le soutien d’une telle organisation, qui plus est lorsqu’on est député au sein du parti gouvernemental, équivaudrait à un suicide politique. Cité par Vedomosti, une sénatrice de Russie Unie déclare ainsi que “tout le monde sait que Khodorkovski et ses soutiens sont des traîtres, et personne n’irait chercher le soutien de traîtres“. Même le leader de Yabloko, un parti d’opposition libéral, suppose qu’il pourrait s’agir d’une “désinformation ou d’une provocation de la part de Russie Ouverte“.

Que l’ont soit face à une nouvelle explosive à même de faire scandale au sein du parlement russe ou un pétard mouillé, l’échéance des élections parlementaires devrait de toute façon faire sortir la vérité assez rapidement.

L’article du jour

The Guardian – The Ukrainians starting a new life – in Russia

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont fui le conflit dans l’est de l’Ukraine, certains vers la Russie tandis que d’autres partaient vers le reste de l’Ukraine. Cet article du Guardian s’intéressent à ces deux types de réfugiés, qui se différencient d’après le journal essentiellement par leur soutien ou non-soutien aux séparatistes. C’est sans doute quelque peu simplificateur, mais cela reste intéressant d’avoir des témoignages direct sur un problème qui reste d’actualité.

Le média social du jour

Dmitri Goudkov, un politicien russe d’opposition, est brièvement devenu la star des médias sociaux russophones en publiant cette photographie, reprise par de nombreux médias russes et ukrainiens, d’une affiche mélangeant géopolitique et prévention contre la cigarette : “La cigarette tue plus qu’Obama, bien qu’il ait tué beaucoup de monde. Ne fumez pas, ne soyez pas comme Obama“, déclare l’affiche. “J’ai honte qu’une telle chose puisse s’afficher sur les murs de la capitale“, commente dans le même temps Goudkov.

Blâmer Barack Obama pour les problèmes de la Russie est devenu ces dernières années un vrai sport national pour les Russes, certains s’y adonnant de manière tout à fait sérieuse tandis que d’autres préfèrent verser ouvertement dans l’humour. Plusieurs comptes Twitter se présentent ainsi comme des “comptes officiels” du président américain dans lequel ce dernier détaille, en russe, comment tous les problèmes que connait le pays -notamment économiques- sont en fait de sa responsabilité unique :

“Si ce tweet est retweeté 15 000 fois, je ferai en sorte que 100 roubles vaille un dollar. Et je garde mes promesses comme personne !”

 

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