14 janvier 2016 – Un sondage fait débat

L’info du jour

Rififi dans le petit monde de la sociologie russe. La réalisation par l’institut VTsiom d’un sondage visant à mesurer le sentiment de la population de Crimée à l’égard d’un éventuel contrat avec l’Ukraine pour le transfert de l’électricité vers la péninsule a été l’occasion d’un grand débat, certains se félicitant de cet exemple de démocratie directe tandis que d’autres critiquaient la méthodologie du sondage.

Le sondage, réalisé dans la soirée du 31 décembre, demandait aux criméens s’ils seraient d’accord avec un contrat de distribution d’électricité avec l’Ukraine mentionnant la Crimée comme étant partie de l’Ukraine. 93 % des personnes interrogées se sont déclarés opposés à cette proposition.

Les critiques les plus immédiates ont concerné l’organisation responsable du sondage, réputée proche du Kremlin, et la date de ce dernier : la veille du nouvel an, sans doute la fête la plus importante de l’année pour les russes, n’est probablement pas le meilleur moment pour réaliser des enquêtes sociologiques par téléphone.

Troitskiï Variant, un journal de sociologie russe, s’est intéressé à la question, consacrant au sondage la couverture de son numéro du 12 janvier. Dans celui-ci, Kiril Kalinin parle d’une “politisation du sondage”, notamment en raison du fait qu’il ait été commandé par Vladimir Poutine, mais ne relève pas de gros problèmes dans la méthodologie de ce dernier. Alexei Kupriyanov est lui beaucoup plus critique, parlant d’une formulation des questions “clairement manipulatives et provocantes” et notant que l’échantillon utilisé pour le sondage n’était pas représentatif de la population de Crimée. Il pointe notamment une sur-présentation des femmes âgées dans l’échantillon du sondage, ce qui est selon lui suffisant pour parler de biais.

La question de l’objectivité des enquêtes sociologiques en Russie est un débat récurrent, deux instituts revenant systématiquement dans les médias : le Centre Levada (réputé plutôt libéral) et VTsiom (considéré plus proche du pouvoir). Au premier chef des débats se trouve généralement la question de la validité du stratosphérique taux de popularité de Poutine, considéré comme usurpé par certains. A ce sujet, je vous renvoie vers une intéressante tribune du directeur du Centre Levada.

Nul doute en tout cas que ce débat n’est pas prêt de s’éteindre.

L’article du jour

The New-Yorker – The Russian Tom Clancy Is on the Front Lines for Real

Une surréaliste interview d’un romancier de science-fiction russe devenu ministre de la Défense dans la République Populaire de Donetsk.

Le média social du jour

Le député du conseil municipal de Krasnoyarsk Konstantin Senchenko se lâche contre Ramzan Kadirov, le leader de la Tchétchénie, qui l’a traité “d’ennemi de la Russie”. Senchkeno répond en appelant Kadirov “la honte de la Russie”, l’accusant d’avoir discrédité l’université russe, le titre de “Héros de la Russie” (que Kadirov possède) et la fonction de chef d’une région. Un sentiment probablement partagé par une grande partie de la classe politique russe, pro-Kremlin compris.

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Author: Fabrice Deprez

Je suis journaliste depuis 2015, un travail qui m'a déjà emmené en Ukraine, en Russie et dans les pays Baltes. Parmi mes (nombreux) intérêts se trouvent les transformations économiques et politiques de la région, les questions internationales et les problématiques digitales. Sinon, j'aime écouter du hip-hop russophone et manger du plov.

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