13 janvier 2016 – Le blocus de la Crimée qualifié de “génocide”

L’info du jour

Dans une déclaration publiée sur son site internet, le Conseil d’Etat de la République de Crimée s’indigne du blocus de la péninsule, le qualifiant de “génocide perpétré contre la population de Crimée”. Rappelant que le crime de génocide n’a aucun délai de prescription, il demande au Procureur Général de Russie, au Comité d’Investigation et même à l’ONU d’enquêter et de poursuivre les auteurs de ces “crimes”.

Ce n’est pas la première fois -et sans doute pas la dernière- que la rhétorique du “génocide” est employée dans le conflit ukrainien. Qu’il s’agisse de l’oligarque ukrainien Akhemetov accusant les séparatistes du Donbass de génocide, ou les sympathisants pro-russes usant du même qualificatif pour désigner le drame de mai 2014 à Odessa (ou des émeutes ont entraîné la mort de près de 50 personnes), les deux camps se sont servis de cette accusation pour diaboliser leurs adversaires et polariser le débat. Avec un succès certain.

En allant encore un peu plus loin, un article très intéressant du centre Carnegie montre comment cette utilisation de la rhétorique génocidaire par Kiev autant que Moscou remonte à l’URSS, ou des accusations de génocide commis par les pays impérialistes étaient régulièrement lancées, notamment par des universitaires soviétiques. Une rhétorique très fortement lié au souvenir de la Deuxième Guerre Mondiale, souvenir qui est aussi l’un des thèmes majeurs du conflit rhétorique entre la Russie et l’Ukraine. Pas étonnant donc que, lorsque Moscou se préparait à l’annexion de la Crimée, la dénonciation des “groupes fascistes et néo-nazis” accusés d’avoir pris le pouvoir en Ukraine s’accompagnait de la crainte d’un “génocide des populations russophones“.

L’article du jour

The New-York Times – Why Putin Loves Trump

L’excellent Ivan Krastev pointe les contradictions de la perception russe de la puissance américaine, vu en même temps comme un pouvoir déclinant et comme le responsable de toutes les révolutions et déstabilisations géopolitiques se déroulant sur la planète. Il s’oppose aussi à la vision de Poutine comme un tacticien froid et adepte de “realpolitik”, parlant au contraire d’une vision “hautement personnalisée” du monde.

 

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